L'élaboration du jurançon moelleux : "Il est donc obtenu à partir de raisins en sur maturité, récoltés par tri successifs, et dont la teneur en sucre atteint l'équivalent de 17, 18 voire 20 g par degré d'alcool. La fermentation va transformer ce sucre naturel en alcool, tout en en conservant une partie pour obtenir ce moelleux qui participe aux arômes de praline, de miel ou de fruits confits des grands flacons de petit manseng. Par exemple, un moût qui titre 17% à la vendange, va donner un moelleux de 14% d'alcool acquis et 3% d'alcool probable (ou 51g de sucres résiduels).

1. La récolte:

Les parcelles sont récoltées une à une, en plusieurs passages, en fonction des cépages et de leur maturité, lorsqu'on juge qu'elles ont atteint le degré de passerillage voulu.
Par exemple, une parcelle plantée de cépage Courbu devra être vendangée beaucoup plus tôt qu'une autre qui porte du Petit Manseng. Ces différentes récoltes font ensuite l'objet d'une vinification séparée, mais toujours suivant le même processus.

2. Le pressurage:

Après la récolte, la grappe du raisin (raffle) peut être éventuellement enlevée si on laisse macérer le raisin. On profitera alors de l’action des levures présentes naturellement dans la pellicule qui entoure les grains (macération pelliculaire).
Si le passerillage est important, il y a peu de jus dans les grains. Le raisin peut alors être passé au fouloir (foulage), afin d’éclater les baies et favoriser ainsi l’action du pressoir (pressurage).

3. Le 1er débourbage:

Le jus (moût) recueilli est soufré afin d’éviter l’action de l’oxygène (oxydation), mis en cuve et laissé à reposer une nuit. Les impuretés en suspension (lies) se déposent au fond de la cuve en une couche plus dense (bourbe) et sont ensuite retirées (débourbage ou soutirage).
Ces grosses bourbes n’apportent rien au vin et peuvent même se révéler néfastes: c’est pourquoi on les retire. Cependant, on évite d’en enlever la totalité et de se priver ainsi de levures présentes naturellement et dont l’action sera nécessaire à la fermentation.

4 . Le départ en fermentation:

2 à 3 jours après, le moût est amené à une température de 18 à 20° et éventuellement ensemencé avec des levures: ce sont elles qui, avec celles présentes naturellement dans le raisin, sont responsables des diverses nuances aromatiques du vin par la transformation des sucres en alcools (fermentation), c’est à dire en fin de compte de sa personnalité.
C’est une étape importante car la fermentation doit être continue: on apporte des produits qui vont favoriser l’action des levures et le moût est aéré (oxygénation) pour faciliter ce travail.

5. La fermentation proprement dite:

Selon les cas, le jus est mis en barriques (fûts) ou en cuves pour la fermentation. Celle-ci a besoin d’une température relativement douce et constante : les cuves en inox permettent de réguler plus facilement cette température, tandis que les barriques favorisent la formation d’arômes par les échanges qui se produisent à travers le bois.
Outre la formation des arômes, l’action la plus importante des levures va porter sur la transformation des sucres présents dans le moût en divers composés alcooliques, dont deux des principaux sont l’alcool éthylique qui donne sa force au vin (le corps) et le glycol, qui donne la sensation de gras en bouche (la jambe).

6. L’arrêt de la fermentation et l’élevage:

Lorsque l’on juge la transformation des sucres en alcool suffisante, l’équilibre sucre-alcool variant selon qu’il s’agit de sec ou de moelleux et suivant l’acidité du raisin, la fermentation est arrêtée par refroidissement et soufrage.
Le vin est alors aéré puis débourbé à nouveau, mais on tend de plus en plus à conserver les lies les plus fines qui vont ainsi pouvoir continuer à apporter du gras et des composés aromatiques (élevage en fûts sur lies). Le contenu des barriques ou des cuves est ensuite régulièrement agité pour remettre les lies en suspension. Les secs sont gardés environ 6 mois en cuve et/ou en barriques (élevage) et les moelleux de 12 à 18 mois. L’élevage en cuve donnera des vins à boire dans les 2 à 3 ans (vins de primeur), tandis que le passage en fûts favorisera des vins pouvant vieillir jusqu’à 10, voire 15 ans (vins de plus longue garde).

7. L’assemblage:

Les différentes cuves ou barriques sont à nouveau soutirées, puis mélangées en grande cuve (assemblage) selon le type de bouteille auxquelles elles sont destinées (sec, petit et gros Manseng ou petit Manseng seul par exemple).
Le vin est alors débarrassé de ses impuretés en suspension (éclairci) par l’ajout d’une substance qui va les entraîner avec elle, en se déposant au fond de la cuve (collage ou clarification). Pour les vins blancs, on utilise de la Bentonite et/ou de la colle de poisson qui ont l’avantage de donner du brillant au vin sans trop l’assécher comme le ferait l’albumine (blanc d'œuf) utilisée traditionnellement dans la clarification des vins rouges.

8. La mise en bouteille:

Le contenu des cuves est soutiré une dernière fois pour enlever les résidus de la clarification (soutirage au clair), puis passé à travers un filtre de terre d’argile, puis de cellulose (filtrage) afin d’éliminer les dernières suspensions et d’éventuelles levures qui pourraient être responsables ‘d’un redémarrage de la fermentation en bouteilles.
Le vin est alors prêt à être mis en bouteille, étiqueté et commercialisé. Quand à la dégustation, tout dépend de votre patience et de votre capacité de stockage. L’idéal serait de conserver les précieux flacons à l’abri de la lumière, des vibrations et des écarts de température importants."
 

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